Commémoration de l’appel

Journée nationale commémorative de l’appel historique du général de Gaulle à refuser la défaite et à poursuivre le combat contre l’ennemi.

18 juin 2017

Le 10 juin 1940, un mois après la percée de Sedan, 100 000 de nos soldats sont déjà tombés au combat, et 6 millions de Français sont jetés sur les routes de l’exode.

Le l7 juin, le maréchal Pétain demande aux troupes françaises de cesser le combat.

Mais le 18 juin 40, en fin de journée, une voix brouillée mais ferme ranime l’espoir d’une nation brisée. C’est la voix du général de Gaulle, cet officier presque inconnu, qui va entraîner, contre vents et marées, souvent seul contre tous, l’âme de la France.

Malgré la débâcle, malgré la peur, le mensonge, la répression, des hommes et des femmes se dressent, et les voici disant « non » à l’occupation, « non » à l’humiliation, « non » au mépris de nos valeurs les plus sacrées. En dépit des dangers, tous prennent le risque de s’engager.

Ces Français, aux convictions philosophiques et politiques diverses, sont d’abord des patriotes, tous unis pour résister. N’écoutant que leur audace, ils rejoignent Londres et s’engagent dans les Forces Françaises Libres.

Leur fougue et leur bravoure répondent au serment de Koufra : « nous ne déposerons pas les armes avant que le drapeau français flotte sur Paris et sur Strasbourg ! ».

De Bir Hakeim à El-Alamein, du Monte Cassino à Toulon, de Ouistreham à Paris, de Strasbourg à Berchtesgaden, ils combattent victorieusement l

D’autres s’engagent dans l’armée des ombres. Ils n’ont alors que leur audace pour seule arme. Mois après mois, ces résistants anonymes s’organisent et se fédèrent sous l’égide du général de Gaulle. Ils récupèrent et utilisent des armes qui leur sont parachutées, publient des journaux et distribuent des tracts, établissent des faux papiers, récupèrent et transmettent des informations, cachent des juifs, protègent des agents traqués.

Portée par Jean Moulin, Brossolette, Delestraint, d’Estienne d’Orves, Casanova, Aubrac ou Tillion, la voix de la Liberté est celle qui inspire tous les peuples que l’on méprise ou que l’on réprime.

La Nation rend aujourd’hui hommage au chef de la France Libre qui a si bien su incarner cette Liberté, parvenant à rassembler dans un même idéal, par la force de sa volonté et l’immense espoir qu’il soulève, une multitude de femmes et d’hommes venus de tous les horizons.

Avec lui, à travers lui, cet hommage va aussi à tous ces Français qui, ensemble, sont allés jusqu’au sacrifice suprême pour défendre une certaine idée de la France, de la République et de ses principes,  » Liberté, Egalité, Fraternité « .

Texte de l’appel du 18 juin 1940

« Les chefs qui, depuis de nombreuses années, sont à la tête des armées françaises, ont formé un gouvernement. Ce gouvernement, alléguant la défaite de nos armées, s’est mis en rapport avec l’ennemi pour cesser le combat.

Certes, nous avons été, nous sommes submergés par la force mécanique, terrestre et aérienne de
l’ennemi.

Infiniment plus que leur nombre, ce sont les chars, les avions, la tactique des Allemands qui nous font reculer. Ce sont les chars, les avions, la tactique des Allemands qui ont surpris nos chefs au
point de les amener là où ils en sont aujourd’hui.

Mais le dernier mot est-il dit ? L’espérance doit-elle disparaître 7 La défaite est-elle définitive ?
Non !

Croyez-moi, moi qui vous parle en connaissance de cause et vous dis que rien n’est perdu pour la
France. Les mêmes moyens qui nous ont vaincus peuvent faire venir un jour la victoire.

Car la France n’est pas seule ! Elle n’est pas seule ! Elle n’est pas seule ! Elle a un vaste Empire
den‘ière elle. Elle peut faire bloc avec l’Empire britannique qui tient la mer et continue la lutte.
Elle peut, comme l’Angleterre, utiliser sans limites l’immense industrie des États-Unis.

Cette guerre n’est pas limitée au territoire de notre malheureux pays. Cette guerre n’est pas
tranchée par la bataille de France. Cette guerre est une guerre mondiale. Toutes les fautes, tous
les retards, toutes les souffrances n’empêchent pas qu’il y a, dans l’univers, tous les moyens pour
écraser un jour nos ennemis. Foudroyés aujourd’hui par la force mécanique, nous pourrons
vaincre dans l’avenir par une force mécanique supérieure. Le destin du monde est là.

Moi, général de Gaulle, actuellement à Londres, j’invite les officiers et les soldats français qui se
trouvent en territoire britannique ou qui viendraient à s’y trouver, avec leurs armes ou sans leurs
armes, j’invite les ingénieurs et les ouvriers spécialisés des industries d’armement qui se trouvent
en territoire britannique ou qui viendraient à s’y trouver, à se mettre en rapport avec moi.

Quoi qu’il arrive, la Flamme de la résistance française ne doit pas s’éteindre et ne s’éteindra pas.

Demain, comme aujourd’hui, je parlerai à la radio de Londres. »

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